Depuis, Kate Winslet a achevé le tournage de Hideous Kinky de Gillies McKinnon, un drame romantique banal. Ce film est sorti en France, sous le nom de Marrakech Express et c'est effectivement un joli film romantique très mièvre mais agréable grâce à la présence de madame Winslet (à voir en VO et juste pour elle).
Holy Smoke de Jane Campion, avec aussi Harvey Keitel et Pam Grier (casting tarantinesque), ne va plus tarder à sortir. Les premières images et les premiers échos font état d'une performance hallucinante de la part de Kate, ce qui est la moindre des choses. Je ne ferais aucune remarque sur le (faux) problème de poids de Kate, problème qui n'en est pas un et qui ne semble intéresser que ses détracteurs (dont le haut niveau intellectuel les pousse à s'attaquer au physique des personnes) et les midinettes. Kate Winslet est toujours l'une des meilleures actrices du monde et ce qu'elle fait de sa vie privée ou de son apparence physique n'est vraiment qu'une part infinitésimal de son aura. Si l'on devait s'arrêter à des interviews superficielles ou à des futilités, on n'irait pas bien loin dans le monde du cinéma.
Holy Smoke est sorti en novembre 1999. Après une seule vision on a bien du mal à arrêter un avis raisonnable sur le film. Indéniablement il y a des instants réussis et de belles images, mais il est clair aussi que la seconde moitié du film frôle le ratage total. En bref, comme pour Marrakech Express, il faut se concentrer sur Kate, toujours aussi hallucinante dans un rôle un peu trop conventionnel (pour elle).
En 2000, Kate trouve un beau rôle dans Quills, malheureusement une trop sage variation sur l'oeuvre et la vie du Marquis de Sade. Néanmoins, le film possède certaines qualités visuelles et Kate Winslet y est à se damner.
En 2003, après s'être largement occupée de sa petite famille, Kate Winslet revient avec un rôle fort dans l'inégal La Vie de David Gale d'Alan Parker. Un film ambigu où elle demeure d'une beauté à couper le souffle.
En 2004, Kate Winslet retrouve toute sa grâce dans l'excellent Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Imaginez. Imaginez que vous êtes amoureux. Imaginez que vous êtes fou amoureux. Qu'une relation toute nouvelle enchante vos jours et illumine vos nuits. Et que là, soudain, vous vous retrouviez, en solitaire, devant un film qui vous parle de toutes les douleurs, de toutes les craintes liées à la fin d'une relation amoureuse. Paradoxale expérience, s'il en est... Même s'il évoque aussi de petits et grands instants de bonheur, Eternal Sunshine of the Spotless Mind est avant tout un film de ruptures, de séparations. Et de souvenirs. Un mélodrame particulièrement efficace, même si malheureusement souvent plombé par un énième script faussement malin de Charlie Kaufman (Being John Malkovitch c'était déjà de sa faute). Pourtant, par la grâce de l'excellente mise en scène de Gondry et le talent décidément toujours aussi surprenant de Jim Carrey et de Kate Winslet, il est très difficile de ne pas se laisser toucher par cette histoire déchirante.
Fin d'une relation, chacun essaie littéralement d'effacer l'autre de sa mémoire. Oui mais... Veut-on vraiment perdre ses souvenirs ? Les bons, comme les mauvais ? Et la vie ne se construit-elle pas sur les expériences ? Bien sûr, répondront sans surprise Carrey et Winslet au terme de leurs errances spirituelles. Eternal Sunshine of the Spotless Mind ne nous apprend donc rien que nous ne sachions déjà, mais le fait avec de beaux élans d'originalité et parfois une délicatesse désarmante. Mais comme je le disais plus haut, le scénario cherche souvent à trop en faire et sombre dans le démonstratif, voire le didactisme digne de cours de psychologie peu enthousiasmants. C'est seulement lorsque Gondry cesse de vouloir maîtriser son sujet et donne libre cours à la mélancolie de Jim Carrey et à la folie de Kate Winslet que Eternal Sunshine nous serre le coeur. Mais je vous aurai prévenu, si vous êtes un peu fleur bleue, vous risquez de vous laisser prendre au piège et d'y verser quelques larmes...
En 2004 encore, elle se retrouve en tête d'affiche aux côtés de Johnny Depp dans le très classe Neverland. Dans cette biographie romancée de l'auteur de Peter Pan, James Barrie, notre "corset Kate" est très juste et très émouvante. Le film est une machine à Oscars, mais son classicisme et l'aspect mélodramatique pleinement assumé peuvent nous conquérir à coup sûr. On pleure et on est heureux de pleurer.
c=#f64247]La conclusion qui s'impose, c'est qu'en à peine quelques films, Kate Winslet est déjà la plus grande Star anglaise à Hollywood et qu'elle s'est imposée comme l'actrice la plus douée de sa génération. J'ajouterais qu'elle est aussi la plus belle, mais cela est purement subjectif et d'ailleurs vous vous en fichez sans doute un peu. Disons que le suspens ne réside plus dans la qualité de ses prochains films (il est déjà clair qu'elle sait choisir ses rôles) ni même dans la qualité de sa performance (toujours au top du top) mais simplement dans l'attente pleine de curiosité du rôle et du film qui dépasseront son premier rôle de Juliet Hulme. Et oui, Kate Winslet est une actrice qui a en quelque sorte délivré son "best of" dès le tout début. Et quel "best of" ! Sa carrière aurait pu s'arrêter après le Peter Jacskon (comme l'est en ce moment celle de Melanie Lynskey), cela aurait suffit pour faire de Kate une actrice de Légende. Mais fort heureusement, elle n'a pas dit son dernier mot et il est fort à parier que l'on n'est pas prêt de la voir disparaître dans l'oubli. Le 21e siècle lui appartient !