Kate Winslet, clair de star
La gloire n'a rien changé à sa nature : elle rit de sa cellulite, roule ses cigarettes et hurle dans sa voiture pour se détendre après une journée de tournage avant de retrouver sa famille. A 31 ans, Kate Winslet n'a qu'un mot d'ordre : le plaisir. Et nous, on n'a qu'une envie : la suivre !
ELLE. Dans « Little Children », vos voisins de banlieue paniquent lorsqu'un pédophile revient s'installer dans le quartier après sa sortie de prison. Que feriez-vous si la même chose arrivait près chez de vous ?
KATE WINSLET. Je déménagerais... A vrai dire, je ne sais pas ce que je ferais. C'est une idée tellement horrible que le simple fait d'y penser me donne la nausée. Une amie m'a récemment parlé d'un site Internet américain qui divulgue les adresses des pédophiles libérés sous caution. Si l'un d'eux habite à côté de chez moi, je préfère ne pas le savoir car j'ai trop peur de ma réaction.
ELLE. Vous qui êtes mère de deux enfants, si vous croisiez un jour une maman aussi peu maternelle que Sarah, votre personnage dans le film, comment réagiriez-vous ?
K.W. D'entrée, je la détesterais ! D'ailleurs, je n'arrêtais pas de pester contre elle en lisant le scénario. Cela ne m'était jamais arrivé. Jusque-là, j'ai toujours adoré tous mes personnages, aussi différents de moi soient-ils. Par exemple, Clementine dans « Eternal Sunshine of the Spotless Mind », de Michel Gondry. Même si cette fille est, a priori, pénible et capricieuse, je suis tombée folle amoureuse d'elle, de sa façon désinvolte de changer de couleur de cheveux selon ses humeurs et de se saouler sans se soucier du lendemain. A l'inverse, comment peut-on s'identifier à une femme aussi égoïste et détestable que Sarah ? Et pourtant, d'une certaine manière, elle me touche car je sais ce que c'est que d'être jeune, paumée. Et de faire parfois de mauvais choix...
ELLE. Vous semblez encore troublée par ce rôle. Pendant le tournage, avez-vous eu du mal à laisser Sarah sur le plateau avant de rentrer chez vous le soir ?
K.W. Disons que je vivais la fin de chaque journée de tournage comme un soulagement ! D'ailleurs, en rentrant à la maison, je mettais la radio à fond dans ma voiture, je baissais la vitre et je poussais de grands cris de folle pour me défouler et faire le vide. C'est drôle, lorsque j'étais plus jeune et surtout célibataire, j'avais un côté beaucoup plus « actrice ». Je ramenais mon personnage chez moi, je vivais avec de manière hystérique, en me disant : « Cette fille-là, c'est moi, et elle c'est Kate ! » Aujourd'hui, c'est terminé. Je n'ai qu'une envie le soir : décrocher, coucher les enfants et boire un verre de vin avec mon mari.
ELLE. On vous avait déjà vue nue à l'écran, mais jamais comme dans « Little Children », où vous êtes très exposée, surtout dans les scènes d'amour. Avez-vous été tentée de prendre une doublure ?
K.W. Non, même si, avant de lire ce scénario, je m'étais juré de ne plus jamais tourner une scène d'amour. J'ai 31 ans et, je l'avoue, jouer nue est pour moi de plus en plus difficile, pour ne pas dire terrifiant. D'accord, je n'ai jamais été aussi mince – même si je n'ai rien fait pour, je vous le jure –, mais j'ai eu deux enfants et, franchement, ça se voit. (Rires.) Cela dit, c'est surtout les scènes en maillot de bain qui m'ont gênée.
ELLE. Pourquoi ?
K.W. Aucune femme n'est totalement à l'aise en maillot de bain, et encore moins lorsqu'il s'agit de s'asseoir et de s'allonger au bord d'une piscine devant des centaines de figurants.
J'étais d'autant plus angoissée que je savais que Todd Field, le réalisateur, voulait tourner des plans panoramiques à 360°. Je me suis dit : « Maintenant, le monde entier va voir ma cellulite et mes vergetures. »
ELLE. A une époque, surtout après « Titanic », les médias focalisaient sur vos prétendues rondeurs. Aujourd'hui, ces mêmes médias dénoncent la maigreur de certaines jeunes actrices. Plutôt ironique, non ?
K.W. Mon Dieu ! Avrai dire, j'ai du mal à en parler sans m'emporter et passer pour la folle de service. Je ne connais pas toutes ces jeunes actrices mais, qui sait, elles font peut-être trois repas par jour ! Cameron Diaz, avec qui j'ai tourné « The Holiday », mange trois fois plus que moi et, pourtant, elle est ultramince. Toute cette hypocrisie médiatique est agaçante. Si les journaux sont si préoccupés par la maigreur des stars, pourquoi continuent-ils à parler d'elles et à les mettre en couverture ? En réalité, je crois qu'on est en train d'inciter toute une
génération de jeunes filles à devenir anorexiques. C'est vraiment de la folie et tout ça est
devenu incontrôlable.
ELLE. Ces derniers mois, on vous a vue à l'affiche, notamment, des « Fous du roi », de « The Holiday » et puis de « Little Children ». D'où vient cette boulimie de travail ?
K.W. En fait, je suis en vacances depuis mai dernier et je ne pense pas retravailler avant cet été. J'ai volontairement enchaîné les tournages pour pouvoir ensuite faire un break. Non seulement pour recharger mes batteries d'actrice, mais aussi pour m'occuper de mes enfants. C'est drôle, certains copains me disent : « Mais, Kate, en prenant une année sabbatique, tu n'as pas peur que les gens du métier t'oublient ? » Eh bien, non. Ce n'est pas la première fois que je le fais, ni la dernière.
ELLE. A 31 ans, vous avez déjà été nominée quatre fois aux oscars, vous avez eu deux enfants avec deux hommes différents... Jusque-là, vous avez vécu à cent à l'heure, non ?
K.W. Un peu oui, mais avec des hauts extraordinaires et pas mal de bas. Globalement, bien sûr, ces dernières années ont été formidables. Cela dit, aujourd'hui, je suis soulagée de ne
plus vivre à un tel rythme. Je ne renie rien, mais je suis ravie désormais de, comment dire... d'avoir tous mes oeufs dans le même panier, car je suis très heureuse de ces oeufs !
La gloire n'a rien changé à sa nature : elle rit de sa cellulite, roule ses cigarettes et hurle dans sa voiture pour se détendre après une journée de tournage avant de retrouver sa famille. A 31 ans, Kate Winslet n'a qu'un mot d'ordre : le plaisir. Et nous, on n'a qu'une envie : la suivre !
ELLE. Dans « Little Children », vos voisins de banlieue paniquent lorsqu'un pédophile revient s'installer dans le quartier après sa sortie de prison. Que feriez-vous si la même chose arrivait près chez de vous ?
KATE WINSLET. Je déménagerais... A vrai dire, je ne sais pas ce que je ferais. C'est une idée tellement horrible que le simple fait d'y penser me donne la nausée. Une amie m'a récemment parlé d'un site Internet américain qui divulgue les adresses des pédophiles libérés sous caution. Si l'un d'eux habite à côté de chez moi, je préfère ne pas le savoir car j'ai trop peur de ma réaction.
ELLE. Vous qui êtes mère de deux enfants, si vous croisiez un jour une maman aussi peu maternelle que Sarah, votre personnage dans le film, comment réagiriez-vous ?
K.W. D'entrée, je la détesterais ! D'ailleurs, je n'arrêtais pas de pester contre elle en lisant le scénario. Cela ne m'était jamais arrivé. Jusque-là, j'ai toujours adoré tous mes personnages, aussi différents de moi soient-ils. Par exemple, Clementine dans « Eternal Sunshine of the Spotless Mind », de Michel Gondry. Même si cette fille est, a priori, pénible et capricieuse, je suis tombée folle amoureuse d'elle, de sa façon désinvolte de changer de couleur de cheveux selon ses humeurs et de se saouler sans se soucier du lendemain. A l'inverse, comment peut-on s'identifier à une femme aussi égoïste et détestable que Sarah ? Et pourtant, d'une certaine manière, elle me touche car je sais ce que c'est que d'être jeune, paumée. Et de faire parfois de mauvais choix...
ELLE. Vous semblez encore troublée par ce rôle. Pendant le tournage, avez-vous eu du mal à laisser Sarah sur le plateau avant de rentrer chez vous le soir ?
K.W. Disons que je vivais la fin de chaque journée de tournage comme un soulagement ! D'ailleurs, en rentrant à la maison, je mettais la radio à fond dans ma voiture, je baissais la vitre et je poussais de grands cris de folle pour me défouler et faire le vide. C'est drôle, lorsque j'étais plus jeune et surtout célibataire, j'avais un côté beaucoup plus « actrice ». Je ramenais mon personnage chez moi, je vivais avec de manière hystérique, en me disant : « Cette fille-là, c'est moi, et elle c'est Kate ! » Aujourd'hui, c'est terminé. Je n'ai qu'une envie le soir : décrocher, coucher les enfants et boire un verre de vin avec mon mari.
ELLE. On vous avait déjà vue nue à l'écran, mais jamais comme dans « Little Children », où vous êtes très exposée, surtout dans les scènes d'amour. Avez-vous été tentée de prendre une doublure ?
K.W. Non, même si, avant de lire ce scénario, je m'étais juré de ne plus jamais tourner une scène d'amour. J'ai 31 ans et, je l'avoue, jouer nue est pour moi de plus en plus difficile, pour ne pas dire terrifiant. D'accord, je n'ai jamais été aussi mince – même si je n'ai rien fait pour, je vous le jure –, mais j'ai eu deux enfants et, franchement, ça se voit. (Rires.) Cela dit, c'est surtout les scènes en maillot de bain qui m'ont gênée.
ELLE. Pourquoi ?
K.W. Aucune femme n'est totalement à l'aise en maillot de bain, et encore moins lorsqu'il s'agit de s'asseoir et de s'allonger au bord d'une piscine devant des centaines de figurants.
J'étais d'autant plus angoissée que je savais que Todd Field, le réalisateur, voulait tourner des plans panoramiques à 360°. Je me suis dit : « Maintenant, le monde entier va voir ma cellulite et mes vergetures. »
ELLE. A une époque, surtout après « Titanic », les médias focalisaient sur vos prétendues rondeurs. Aujourd'hui, ces mêmes médias dénoncent la maigreur de certaines jeunes actrices. Plutôt ironique, non ?
K.W. Mon Dieu ! Avrai dire, j'ai du mal à en parler sans m'emporter et passer pour la folle de service. Je ne connais pas toutes ces jeunes actrices mais, qui sait, elles font peut-être trois repas par jour ! Cameron Diaz, avec qui j'ai tourné « The Holiday », mange trois fois plus que moi et, pourtant, elle est ultramince. Toute cette hypocrisie médiatique est agaçante. Si les journaux sont si préoccupés par la maigreur des stars, pourquoi continuent-ils à parler d'elles et à les mettre en couverture ? En réalité, je crois qu'on est en train d'inciter toute une
génération de jeunes filles à devenir anorexiques. C'est vraiment de la folie et tout ça est
devenu incontrôlable.
ELLE. Ces derniers mois, on vous a vue à l'affiche, notamment, des « Fous du roi », de « The Holiday » et puis de « Little Children ». D'où vient cette boulimie de travail ?
K.W. En fait, je suis en vacances depuis mai dernier et je ne pense pas retravailler avant cet été. J'ai volontairement enchaîné les tournages pour pouvoir ensuite faire un break. Non seulement pour recharger mes batteries d'actrice, mais aussi pour m'occuper de mes enfants. C'est drôle, certains copains me disent : « Mais, Kate, en prenant une année sabbatique, tu n'as pas peur que les gens du métier t'oublient ? » Eh bien, non. Ce n'est pas la première fois que je le fais, ni la dernière.
ELLE. A 31 ans, vous avez déjà été nominée quatre fois aux oscars, vous avez eu deux enfants avec deux hommes différents... Jusque-là, vous avez vécu à cent à l'heure, non ?
K.W. Un peu oui, mais avec des hauts extraordinaires et pas mal de bas. Globalement, bien sûr, ces dernières années ont été formidables. Cela dit, aujourd'hui, je suis soulagée de ne
plus vivre à un tel rythme. Je ne renie rien, mais je suis ravie désormais de, comment dire... d'avoir tous mes oeufs dans le même panier, car je suis très heureuse de ces oeufs !

